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Quand recruter son premier VP Sales.

De tous les recrutements qu’un fondateur mène, le premier VP Sales est celui qui l’empêche de dormir. Réussi, il met le moteur de revenu à l’échelle. Raté, il brûle six chiffres de salaire, fait perdre deux trimestres de momentum, et démoralise les commerciaux déjà en place. Et la plupart des fondateurs le ratent, souvent des deux mêmes façons. Voici quand c’est vraiment le moment, et quel profil viser.

Le recrutement que les fondateurs ratent le plus

Peu de recrutements pèsent autant sur la trajectoire d’une entreprise que celui-ci. C’est précisément pour ça qu’il est risqué.

Le taux d’échec est élevé. Les retours du marché convergent : l’ancienneté d’un premier VP Sales en phase early-stage est courte, souvent de l’ordre de quinze mois, et une part importante ne passe même pas le cap de la première année. Un commercial qui échoue, on le remplace. Un dirigeant commercial qui échoue, on perd des trimestres. Et le coût ne s’arrête pas là. Un premier VP raté abîme l’équipe en place et rend le suivant plus dur à recruter, parce que les meilleurs profils se méfient d’une entreprise qui a déjà brûlé un dirigeant commercial.

C’est aussi un investissement lourd. En France, un VP Sales représente un package de plus de 200 000 euros, comme le montre notre grille des salaires. Une erreur, c’est cette somme brûlée, plus le momentum perdu, plus les AE qui perdent confiance et commencent à regarder ailleurs.

Et les échecs se concentrent sur deux erreurs. Aucune des deux ne porte sur le candidat. Les deux portent sur le moment et la raison du recrutement.

L’erreur numéro un : recruter trop tôt

C’est de loin la plus fréquente. Recruter un VP Sales avant d’avoir un modèle de vente reproductible.

Une règle largement partagée résume bien la chose. Ne recrutez pas de VP Sales tant que vous n’avez pas deux commerciaux qui closent vraiment et tiennent leur quota. Si le fondateur n’a pas encore prouvé que la vente est reproductible, un VP ne pourra pas industrialiser ce qui n’existe pas.

La vente portée par le fondateur doit venir d’abord. Dans les premiers temps, le fondateur est souvent le meilleur vendeur de l’entreprise. Il a closé les premiers clients. Il connaît le client idéal, les objections, et la vraie raison pour laquelle les gens achètent. Une grande partie de ce savoir vit dans sa tête, souvent sans même être formalisée.

Recrutez un VP trop tôt, et il passera six mois à « construire la stratégie » pendant que le runway fond, à essayer de découvrir un modèle que le fondateur lui-même n’a pas encore verrouillé.

Trop tôt n’est pas une petite erreur. C’est l’erreur de timing la plus coûteuse en go-to-market.

L’erreur numéro deux : recruter pour se décharger

La seconde est plus subtile. Recruter un VP Sales pour s’en débarrasser, pour que le fondateur puisse sortir de la vente et retourner au produit.

Recruter un soulagement et recruter un leader ne sont pas la même chose.

Voici la vérité qui dérange. Même avec un excellent VP, le fondateur ne peut pas sortir complètement de la vente. L’intuition client, les signaux sur le client idéal, la raison pour laquelle les deals se signent, tout cela vit encore dans sa tête. Ce savoir est tribal. Le discours qui marche, les vrais signaux d’achat, l’instinct sur le bon client, rien n’est écrit. Le transférer à un VP est un travail délibéré, pas une délégation qu’on coche et qu’on oublie. Si le fondateur s’efface, le nouveau VP monte en puissance sans assez de contexte, et les ventes ne stagnent pas, elles déclinent.

Le temps que le fondateur passe sur la vente doit changer de nature, pas disparaître. Moins de closing en direct, plus de transmission et d’appui, mais une présence maintenue. Un VP recruté comme une porte de sortie échoue presque toujours.

Les signaux que c’est le bon moment

Alors, quand est-ce le moment ? Quelques signaux clairs.

Le modèle de vente est reproductible. Pas une collection de coups gagnés isolés, mais un process qui fonctionne plus d’une fois, avec deux ou trois commerciaux qui tiennent leur quota.

Le fondateur est devenu le goulot d’étranglement sur la mise à l’échelle, plus sur la découverte de ce qui marche. Il connaît le modèle. Il ne peut simplement plus piloter seul une équipe qui grandit.

Vous êtes prêt à financer, construire et faire grandir une équipe, pas seulement à remplir une case sur un organigramme. Un signe concret : le fondateur ne suit plus la demande entrante, ou doit arbitrer entre des deals faute de temps. Le plafond n’est plus le modèle de vente. C’est lui.

Un mot sur l’erreur inverse. Recruter trop tard existe aussi. Un fondateur qui pilote seul la vente trop longtemps finit happé par cette tâche, au détriment du produit et de la marque, pendant que les concurrents avancent. Si vous avez un modèle reproductible et que vous passez tout votre temps à manager des commerciaux, vous avez sans doute déjà trop attendu.

Quel VP recruter : le bâtisseur, pas le gestionnaire

Même au bon moment, le profil compte. Et le titre « VP Sales » cache deux recrutements très différents.

Le bâtisseur. Il a déjà fait passer une équipe de deux ou trois commerciaux à dix ou quinze. Il a construit le playbook, recruté l’équipe, créé le reporting, plutôt que d’en hériter. Il a opéré sans notoriété de marque, avec un marketing limité et un produit encore mouvant. Il vend avec de la donnée, il connaît ses taux de conversion et ses cycles de vente, pas seulement son charisme. Et il sait recruter. Un test simple en entretien : demandez-lui ses chiffres. Taux de conversion par étape, cycle moyen, coût d’acquisition. Un bâtisseur les a en tête. Un beau parleur vous racontera une histoire.

Le gestionnaire. Un dirigeant pour un stade plus avancé, qui pilote des strates, des prévisions, du process à grande échelle. Excellent, mais pour un autre moment.

Au stade du premier VP, c’est le bâtisseur qu’il vous faut. Un manager venu d’un grand groupe, habitué à hériter d’une machine qui tourne, peinera dans une startup sans marque et au produit inachevé. C’est aussi la frontière, parfois floue, avec un Head of Sales. C’est sur ce choix de profil que la plupart des fondateurs se trompent.

Le premier VP Sales est un recrutement stratégique. Une nomination qui pèse sur toute la trajectoire, et qui demande du timing, de la discrétion et une évaluation approfondie, pas une rustine pour se débarrasser de la vente. C’est exactement ainsi que nous le traitons, que ce soit pour un VP Sales ou dans le cadre d’un recrutement stratégique. Recrutez-le au bon moment, pour la bonne raison, avec le bon profil, et le moteur passe à l’échelle. Trompez-vous sur l’un des trois, et il cale.

Questions fréquentes

À quel moment faut-il recruter son premier VP Sales ?

Quand le modèle de vente est reproductible, avec deux ou trois commerciaux qui tiennent leur quota, et que le fondateur est devenu le goulot d’étranglement sur la mise à l’échelle plutôt que sur la découverte de ce qui marche. Avant ce stade, le recrutement est presque toujours prématuré.

Pourquoi la plupart des premiers VP Sales échouent-ils ?

Pour deux raisons, rarement liées au candidat. Le recrutement est fait trop tôt, avant qu’un modèle de vente reproductible existe. Ou il est fait pour décharger le fondateur, qui sort de la vente alors qu’une grande partie du savoir client vit encore dans sa tête. Dans les deux cas, le VP avance sans les fondations nécessaires.

Quel profil de VP Sales recruter en startup ?

Un bâtisseur, pas un gestionnaire. Quelqu’un qui a déjà construit une équipe de zéro, créé le playbook et recruté ses commerciaux, et qui a performé sans notoriété de marque. Pas un manager de grand groupe habitué à hériter d’une machine déjà en place.

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Vous vous posez la question du bon moment, ou du bon profil ?